Un mercredi de juillet qui pourrait bien redonner vie à l'un des chantiers les plus attendus de la capitale.
Ce 22 juillet 2026, le chef de l'État camerounais a apposé sa signature au bas d'un décret dont la portée dépasse la simple formalité administrative : il ouvre la voie à une nouvelle vague de financement pour le Lac municipal de Yaoundé, ce projet touristique et paysager qui traîne depuis plus d'une décennie dans les tiroirs de l'aménagement urbain.
Un feu vert présidentiel pour un emprunt de plus de 4 milliards
Le texte présidentiel habilite le ministre en charge de l'Économie, de la Planification et de l'Aménagement du Territoire à contracter, auprès de l'établissement bancaire Deutsche Bank Espagne, une ligne de crédit destinée à couvrir des travaux additionnels dans le cadre de la réhabilitation du site.
Le montant annoncé s'élève à 4,12 milliards de francs CFA, une enveloppe qui vient s'ajouter à un montage financier déjà conséquent. Concrètement, cette somme se décompose en deux volets : un crédit-acheteur d'environ 3,56 milliards de FCFA, complété par un crédit commercial de près de 562 millions de FCFA.
Une architecture financière classique pour ce type de grands projets d'infrastructure, où les bailleurs étrangers accompagnent l'État camerounais sur des phases précises des travaux plutôt que sur l'ensemble du programme.
Un budget qui franchit un nouveau cap
Avec ce coup de pouce, l'addition globale des financements alloués à la réhabilitation du Lac municipal grimpe désormais au-delà des 38 milliards de francs CFA.
Un chiffre qui donne la mesure de l'ambition affichée pour ce site, pensé non seulement comme un espace de loisirs pour les Yaoundéens, mais aussi comme une vitrine économique et environnementale pour la capitale.
Le programme de travaux, tel que défini depuis son lancement, prévoit notamment l'assainissement des eaux du plan d'eau, longtemps pointées du doigt pour leur état de dégradation, ainsi que l'aménagement des berges et la création de véritables espaces de détente ouverts au public.
L'objectif affiché reste de transformer ce lieu, aujourd'hui largement sous-exploité, en un poumon vert et touristique au cœur de la ville.
Elecnor, un nom qui revient dans le dossier
Dans les coulisses de ce chantier, la société Elecnor est régulièrement associée à l'exécution des travaux d'aménagement. Son implication illustre la dimension internationale du projet, qui mobilise à la fois des partenaires financiers étrangers et des entreprises spécialisées dans les grands ouvrages hydrauliques et paysagers. Aucune déclaration officielle n'a pour l'heure été communiquée par les autorités ou par les parties prenantes au sujet de ce nouveau décret.
Le dossier reste donc, à ce stade, essentiellement administratif et financier, sans prise de parole publique venant l'accompagner.
Un chantier vieux de onze ans qui reprend espoir
Ce qui frappe surtout dans cette nouvelle séquence, c'est la temporalité. Le projet de réhabilitation du Lac municipal de Yaoundé n'a rien d'une initiative récente : il s'agit d'un chantier lancé il y a maintenant onze ans, marqué par des retards successifs et des relances financières répétées.
Chaque nouveau décret de ce type agit ainsi comme une piqûre de rappel, signe que le dossier n'est pas enterré, mais qu'il continue d'avancer par à-coups, au gré des montages financiers bouclés avec les partenaires internationaux.
Pour les habitants de la capitale, qui voient depuis des années ce site osciller entre promesses et travaux au ralenti, ce nouveau financement sonne comme un signal : celui d'une administration qui persiste à vouloir boucler un projet embarqué depuis plus d'une décennie, quitte à multiplier les emprunts successifs pour y parvenir.
Reste à savoir si ce nouvel apport de 4,12 milliards de francs CFA permettra enfin d'accélérer le calendrier, ou s'il viendra simplement s'ajouter à la longue liste des financements qui, jusqu'ici, n'ont pas suffi à boucler définitivement ce dossier emblématique de l'aménagement urbain à Yaoundé.



