Le cinéma africain s'apprête à rendre un hommage durable à l'une de ses figures les plus emblématiques.
À l'occasion de la 30ᵉ édition du Festival Écrans Noirs, prévue en octobre 2026 à Yaoundé, les organisateurs publieront un « Livre Hommages à Bassek ba Kobhio », une œuvre collective destinée à préserver la mémoire du réalisateur, écrivain et promoteur culturel camerounais disparu le 12 mai 2026.
Plus qu'une simple publication commémorative, ce projet se veut un témoignage vivant de l'empreinte laissée par celui qui, pendant près de trois décennies, a œuvré à la promotion du cinéma africain et à l'émergence de nombreuses générations de réalisateurs.
En invitant proches, collaborateurs, artistes, journalistes et passionnés de cinéma à partager leurs souvenirs, le festival souhaite faire de cet ouvrage une mémoire collective du parcours exceptionnel de son fondateur.
Un hommage à l'homme qui a façonné Écrans Noirs
La disparition de Bassek ba Kobhio a profondément marqué le paysage culturel africain. Réalisateur reconnu, romancier et défenseur infatigable des industries culturelles, il est surtout identifié comme le créateur du Festival Écrans Noirs, lancé en 1997 avec l'ambition d'offrir au cinéma africain une scène de diffusion, de rencontres et de reconnaissance internationale.
Sous son impulsion, le rendez-vous est progressivement devenu l'un des plus importants festivals consacrés au septième art sur le continent, accueillant chaque année des cinéastes, producteurs, acteurs et professionnels venus de nombreux pays d'Afrique et d'ailleurs.
Quelques mois après son décès, les organisateurs souhaitent transformer cette 30ᵉ édition, hautement symbolique, en un moment de mémoire et de transmission.
« Pour lui rendre l'hommage qu'il mérite, nous préparons un livre de mémoire qui sera préfacé et distribué lors du festival Écrans Noirs », annonce le comité d'organisation.
Un ouvrage nourri par les souvenirs de toute une communauté
L'originalité de cette initiative réside dans son caractère participatif. Les organisateurs ne souhaitent pas uniquement raconter la carrière de Bassek ba Kobhio à travers les archives officielles.
Ils ambitionnent de réunir les regards, les témoignages et les souvenirs de toutes celles et ceux qui ont croisé sa route.
Professionnels du cinéma, partenaires institutionnels, journalistes culturels, artistes, festivaliers ou simples cinéphiles sont invités à prendre part à ce projet éditorial.
À travers cette démarche, le festival entend montrer que l'héritage du cinéaste dépasse largement le cercle des professionnels. Son influence s'est construite au fil des rencontres, des collaborations et des générations de créateurs qu'il a accompagnés.
« Le cinéma africain a perdu l'un de ses plus grands défenseurs. Mais son héritage vit à travers vous. Toutes les contributions sont les bienvenues, proches, collaborateurs, partenaires, festivaliers, artistes, journalistes », souligne l'équipe d'Écrans Noirs.
Des témoignages pour raconter une vie consacrée au cinéma
Les organisateurs invitent les contributeurs à transmettre des éléments personnels qui permettront de dresser un portrait sensible de Bassek ba Kobhio.
Chaque participant peut adresser une photographie prise en compagnie du cinéaste ou illustrant un moment important de son parcours, accompagnée d'un texte allant de quelques lignes à une page.
Les auteurs sont également invités à préciser le contexte de la photographie, l'année et les circonstances dans lesquelles elle a été réalisée.
L'objectif est de faire émerger une mosaïque de récits reflétant les multiples facettes de celui qui fut à la fois réalisateur, écrivain, producteur, mentor et bâtisseur d'institutions culturelles.
Le comité résume cette ambition dans un appel empreint d'émotion : « Faites-nous parvenir une photo de vous avec Bassek Ba Kobhio (ou toute photo témoignant de son parcours), un texte d'hommage (quelques lignes à une page, un souvenir, une anecdote, un mot du cœur), la légende de la photo, l'année et l'occasion. Ensemble, gardons vivante la flamme qu'il a allumée. »
Une mémoire à transmettre aux générations futures
Au-delà de l'émotion suscitée par sa disparition, cette publication répond à un enjeu plus large : préserver la mémoire des grandes figures qui ont façonné le cinéma africain.
Réalisateur de films marquants tels que Sango Malo ou Le Grand Blanc de Lambaréné, Bassek ba Kobhio a consacré une grande partie de sa carrière à promouvoir les talents africains, à défendre les œuvres du continent et à renforcer les échanges entre les différentes cinématographies francophones.
Le futur ouvrage devrait ainsi constituer une ressource précieuse pour les chercheurs, les étudiants, les professionnels de l'audiovisuel et tous ceux qui s'intéressent à l'histoire du cinéma africain.
Une publication attendue pour les 30 ans d'Écrans Noirs
Afin de respecter le calendrier éditorial, les contributions sont attendues jusqu'au 31 juillet 2026.
Elles peuvent être envoyées à l'adresse électronique amisdesecransnoirs@ecransnoirs.org ou transmises via le numéro +237 699 56 60 61.
Le livre sera officiellement présenté et distribué lors de la 30ᵉ édition du Festival Écrans Noirs, qui s'annonce déjà comme un rendez-vous chargé d'émotion.
Au-delà des projections, des rencontres professionnelles et des célébrations du cinéma africain, cette édition sera l'occasion de rappeler l'immense contribution de Bassek ba Kobhio à la construction d'une industrie cinématographique plus forte, plus visible et plus ambitieuse.
À travers ce livre collectif, Écrans Noirs fait le choix de transformer le souvenir en héritage. Car si le cinéaste a quitté la scène, son œuvre, son engagement et les valeurs qu'il a défendues continueront d'inspirer les générations futures.
Ce projet mémoriel illustre ainsi une conviction partagée par toute une communauté culturelle : les grandes figures disparaissent, mais les histoires qu'elles ont écrites demeurent vivantes lorsqu'elles continuent d'être racontées.



