Le projet Cstar prend une nouvelle dimension. Les études techniques et financières menées sur la future raffinerie et le dépôt pétrolier de Kribi ont permis de préciser le coût réel des deux infrastructures stratégiques.
Au total, ce sont désormais 540 milliards de FCFA qui devront être mobilisés pour concrétiser ce complexe énergétique présenté comme l'un des plus importants investissements industriels du Cameroun dans le secteur des hydrocarbures.
D'après les informations disponibles, 372 milliards de FCFA seront nécessaires pour construire la raffinerie, tandis que 168 milliards de FCFA seront consacrés à la réalisation du terminal de stockage des produits pétroliers, également appelé TankFarm.
Des coûts désormais consolidés
Cette nouvelle estimation résulte des études d'ingénierie et des analyses financières réalisées au cours des derniers mois.
Ces travaux ont permis de fixer avec précision les besoins d'investissement et de répartir les engagements entre les différents partenaires impliqués dans le projet. Selon une source proche du dossier, « les études réalisées ont permis de déterminer avec exactitude les coûts des différents projets. S'agissant des aspects financiers, le capital des investissements a été arrêté et les engagements de chaque actionnaire clairement définis ».
Cette clarification constitue une étape déterminante, puisque le projet entre désormais dans une phase où les enjeux porteront davantage sur l'exécution des travaux que sur leur structuration financière.
Un financement partagé entre plusieurs acteurs
La future raffinerie sera implantée sur un site de 250 hectares dans la zone industrialo-portuaire de Kribi, devenue au fil des années un pôle stratégique pour l'industrialisation du Cameroun.
Le montage financier repose sur plusieurs partenaires. BGFIBank apportera un financement bancaire de 120 milliards de FCFA, une contribution destinée à soutenir la réalisation des infrastructures.
Le reste des ressources sera assuré par les actionnaires du projet selon une répartition déjà arrêtée :
Ariana Energy : 49 %
Tradex S.A. : 31 %
Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) : 20 %
Cette combinaison de capitaux privés, publics et de financement bancaire vise à sécuriser le développement du projet tout en limitant les risques financiers.
Une mise en production accélérée
L'un des changements majeurs concerne le calendrier de réalisation. Les études FEED (Front-End Engineering Design), indispensables avant le lancement des travaux de construction, devraient être finalisées en juin 2026.
L'arrivée des principaux équipements industriels est prévue pour septembre 2026, avec une ambition particulièrement élevée : lancer les premières productions autour du 25 décembre 2026.
Ce nouveau calendrier représente une accélération importante par rapport aux prévisions initiales qui tablaient sur une mise en service en juin 2028. Selon une source proche du projet, « une convention de prêt, autorisée par le Conseil d'administration le 19 février dernier, vient conforter cette démarche et devrait accélérer le projet ».
Une capacité appelée à tripler dès 2027
Lors de son entrée en exploitation, la raffinerie devrait traiter 10 000 barils de pétrole par jour. Cette capacité sera toutefois transitoire.
Les promoteurs prévoient une montée en puissance rapide pour atteindre 30 000 barils quotidiens dès 2027, soit un triplement de la production en moins d'une année.
Selon les projections de Cstar, cette première phase de production permettra déjà de satisfaire près de 22 % des besoins nationaux en diesel et en essence, réduisant ainsi la dépendance du pays vis-à-vis des importations de carburants raffinés.
Une telle évolution constituerait une avancée importante dans la stratégie nationale visant à renforcer la transformation locale des hydrocarbures et à améliorer la sécurité énergétique.
Un terminal pétrolier financé par la SNH
En parallèle de la raffinerie, le projet comprend la construction d'un vaste dépôt pétrolier estimé à 168 milliards de FCFA. Contrairement à la raffinerie, cette infrastructure sera entièrement financée sur les fonds propres de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH).
Le futur terminal disposera d'une capacité de stockage comprise entre 250 000 et 300 000 mètres cubes, ce qui en ferait l'un des plus importants du pays.
Il pourra accueillir plusieurs catégories de produits énergétiques, notamment le gasoil, l'essence, le Jet A1, le kérosène ainsi que le Heavy Fuel Oil (HFO) destiné aux usages industriels.
Un projet stratégique pour l'indépendance énergétique
Avec un investissement global désormais arrêté à 540 milliards de FCFA, le projet Cstar franchit une étape décisive.
Les études sont finalisées, les besoins financiers sont identifiés et les responsabilités des partenaires clairement établies.
Le principal défi se situe désormais dans la capacité des différents intervenants à respecter le calendrier annoncé et à transformer cette ambition industrielle en réalité.
Au-delà de son poids financier, cette future plateforme de raffinage et de stockage représente un levier majeur pour renforcer la souveraineté énergétique du Cameroun, réduire les importations de produits pétroliers raffinés et accompagner le développement industriel de la zone portuaire de Kribi.
Si les échéances sont tenues, cette infrastructure pourrait rapidement devenir l'un des piliers de la politique énergétique nationale et un moteur de croissance pour l'économie camerounaise.


